Question évaluée : Par l’augmentation de l’incidence du cancer et de l’amélioration de la survie sous traitement, la volonté de limiter les hospitalisations conventionnelles, et d’améliorer la prise en charge des patients, le nombre de patients traités par des anticancéreux injectables venant en hôpital de jour est en augmentation constante. La préparation de ces traitements au sein des unités de reconstitution des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) peut engendrer un temps d’attente non négligeable avec des impacts cliniques, psychologiques et organisationnels pour les patients. Cette étude examine les facteurs contributifs aux délais d’attente et les stratégies déployées par les pharmaciens hospitaliers pour optimiser et limiter le temps d’attente des patients recevant des traitements anticancéreux injectables en hôpital de jour.
Type d’étude : Revue de la littérature réalisée à l'aide de PubMed et d'autres sources (résumés de conférences, publications pertinentes et thèses), analyse des données disponibles qui ont été complétées par une expertise pharmaceutique et clinique.
Méthode : Les principaux termes de recherche comprenaient « chimiothérapie », « temps d'attente », « oncologie », « ambulatoire », « pharmacie », « pharmacien » et « satisfaction ». Les effets négatifs des retards sur le bien-être et la satisfaction des patients, les causes des retards, le rôle des pharmaciens hospitaliers et les stratégies mises en place pour la réduction de ces retards ont été recherchés et discutés selon le point de vue des auteurs (pharmaciens hospitaliers impliqués dans la préparation des anticancéreux).
Résultats : Les différentes études ont montré que le temps d’attente moyen des patients entre la prescription et le début d’administration de leur traitement était d’1 heure ou plus. Les patients atteints de cancer subissent déjà une charge physique et émotionnelle importante, que les délais d’attente pour la préparation des anticancéreux injectables peuvent aggraver. Ces retards sont souvent liés à des problèmes logistiques, d’approvisionnement ou administratifs. Ils peuvent être réduits grâce à une meilleure collaboration avec les équipes soignantes (planification, prescription anticipée, communication renforcée) et une productivité optimisée (préparation anticipée, mise en place de doses standards, utilisation privilégiée de formes sous-cutanées, robotisation des préparations). Le délai entre la prescription et la dispensation à l’hôpital de jour doit être utilisé comme indicateur de qualité, en partenariat avec les équipes soignantes, afin d’améliorer l’organisation des soins et le ressenti des patients.

Points forts :
- Synthèse des différentes pratiques actuelles et priorisation des recommandations pouvant s’appliquer selon les centres hospitaliers afin de limiter le temps d’attente des patients en hôpital de jour d’oncologie,
- Identification et suivi d’indicateur qualité pour l’activité de préparation des anticancéreux.
Points faibles :
- Sélection des articles selon les termes de recherche sélectionnés par les auteurs, sans suivre la structure d’une revue systématique de la littérature,
- Point de vue subjectif car expertise pharmaceutique et clinique réalisée selon un seul centre, et sans analyse du risque de biais des articles.
Conclusion/Implications en pratique : Le délai de mise à disposition dans la préparation des médicaments anticancéreux injectables peut avoir des répercussions émotionnelles négatives sur les patients qui sont déjà confrontés à toute une série de difficultés liées à leur cancer.
Un objectif de moins d'une heure pour la dispensation des médicaments anticancéreux injectables dans le service (à l'exclusion de certaines préparations plus complexes, comme celles utilisées dans le cadre d'essais cliniques) pourrait être fixé comme un indicateur qualité reconnu pour toutes les unités de préparation pharmaceutique.
Des initiatives telles que les applications numériques de santé en oncologie, une planification efficace des traitements avec une optimisation de la production (gestion, robotisation, doses standards) et une meilleure communication entre les équipes soignantes pourraient contribuer à réduire au minimum les temps d’attente des patients ainsi que les retards dans l'administration des traitements.
Rédigé par Mélanie BRUN
D’après Giraud JS, et al. Reducing waiting time of injectable anticancer drug preparations in day care oncology units: A summary of evidence, implemented strategies, and perspectives for hospital pharmacists. Journal of Oncology Pharmacy Practice 2026. Publication avancée en ligne 18 février 2026. https://doi.org/10.1177/10781552261422457
